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09 Oct 2018

Kanun

Le dernier né de l'imagination fertile de Cetro est disponible ici : Kanun

17 Jun 2018

La gromance

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Salut les dépravés.
L'autre fois, sur un texte dans lequel le coït interruptus vous avait navrées, vous me demandiez la suite.
Alors ok, on va aller jusqu'au bout.
Mais... façon 50 fragrances d'engrais, pour le coup.
Mégère et court vêtue, dénichonné assez profond pour avoir vue sur le faune, Colette est une habituée de ce petit bistrot du village. Au régime sans selle, elle parcourt les ruelles et dépose son vélo devant la porte, sous les regards embués de la clientèle déjà rêveuse.
Face ripolinée, fesse basse et talons hauts, la gourdasse empétassée claudique et chaloupe le long de ce comptoir, pour faire frétiller les yeux vitreux du grand Paul, pochtron-connard officiel de cette échoppe. Le seul truc vraiment positif dans sa vie, c'est son taux d'alcoolémie.
Paul, vit vert et plein de sève, verre vide et essoré, tire déjà des plans sur la Colette.
De bique comme de bouc, la Colette hésite entre lui et la Martine, dévoreuse féline reconnue.
L'approche n'est pas subtile, lubricité exacerbée, braguette exagérément avancée, c'est le caleçon de Paul qui franchit le premier la ligne d'arrivée lorsqu'il aborde la Colette.
Point de drague à rallonge, ces deux là savent ce qu'ils veulent, et les voilà dans une chambre.
Ils se désapent à l'arrachée, se retrouvent nus, entrelardés, Adam et Eve qu'auraient pas super bien tourné et qu'auraient pas croqué que des pommes.
Colette s'allonge sur le dos, les quilles en l'air et le faune calvitié par l'usage aux quatre vents.
Le grand Paul met de suite la tête à l'étau pour prendre l'hostie à la chapelle, il goûte à la corne d'abondance dans ce riant bocage. Il lui débarde la cressonnière sans ménager ses efforts, et elle hurle aussi fort qu'une foule hystérique de fans de Justin Bibine (c'est l'effet de motte).
Puis la Colette lui frotte la lampe d'Aladin , elle lui fait les cuivres pour faire mousser le créateur.
Elle entreprend ensuite de lui éponger la cornemuse, joue du biniou comme personne, tant et si fort, si loin et si profond que très bientôt, le grand Paul s'appellera Angine.
Et les voilà unis, l'un dans l'autre, Paul fore assez profond pour trouver du pétrole.
Ils s'engluèrent de leurs sécrétions intimes et beuglèrent leurs multiples orgasmes, tu vois le genre, quoi.
Alors, c'est pas beau, la gromance façon Cetro ?
Ah ouais, pi, bonne fête à tous ceux qui ont la chance d'être père.
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18 Apr 2018

Les couleurs du passé

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Un jouet de chiffon, abandonné dans l'herbe, inutile, sale et usé, terrible insulte faite à tout ce qu'il a été.
Ses couleurs délavées témoignent de son âge, les teintes d'un passé qui revient me gifler.
Cette claque, petit bonhomme de tissu, tu me l'as assénée avec la force de tout ce que tu portes en toi, tous ces souvenirs en attente qui n'attendaient que toi pour resurgir et frapper.
Je t'ai laissé tomber, voilà bien trop d'années, à cet endroit précis, ivre de douleur, asphyxié de chagrin.
Pour moi tu n'étais déjà plus.
Tu avais autrefois une réelle existence, que t'accordait jour après jour l'imagination fertile d'un enfant attentionné, celui qui t'a aimé comme un ami, et même davantage, comme un frère.
De caresses en baisers, de contes en confidences, vous étiez si liés, comme un corps et son âme.
Il a été ta fée bleue, mon petit Pinocchio, il avait fait de toi un être d'esprit et de coeur, et tu es aujourd'hui, mon vieux Gimini, la voix de ma conscience, elle qui se réveille et me tire en arrière, elle qui se redresse et me happe vers hier.
L'émotion qui me noie me donne les couleurs que toi, tu as perdues, laissé seul face au temps. Jamais je n'aurais dû t'abandonner.
Si ton coeur s'est éteint avec celui de ton double, ton ami créateur, le mien bat maintenant comme les tambours du Bronx, un concert thoracique donné en ton honneur, pour fêter ton retour, commémorer notre peine commune.
J'ai cru voir dans tes yeux un sourire et des larmes, des perles d'acrylique mêlées de l'espoir fou d'à nouveau exister, qui portent encore en elles la mémoire du sourire de l'enfant qui autrefois te portait au pinacle de ses priorités.
Je ne pourrai jamais rattraper tout ce temps, te redonner tes couleurs vives d'antan, mais je te rends ta place aux côtés de ton frère, dans mon coeur fatigué, usé de ne plus battre que pour des souvenirs.

25 Mar 2018

Le vieil arbre

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Une écorce rugueuse, un vieil arbre tordu, qui se meurt lentement de n'être plus rien d'autre qu'un amas de bois sec sans aucune importance. Survit pourtant en lui une étincelle de vie, un germe qui porte en lui l'espoir et le désir d'une proche renaissance. Au bout d'une brindille, il tend ses espérances, un rameau vert et tendre, un bourgeon qui palpite, où circulent son sang, sa sève et son envie. Dernier espoir pour lui d'accompagner le temps maître de nos parcours, dans sa longue course folle aux lendemains infinis. Sans soins ni attentions, il finira flétri, comme une fleur coupée dans un vase trop grand, sans eau pour la nourrir ni regards pour l'embellir. Il attend la main verte qui saura le chérir, et qui dans son feuillage entendra l'amour bruire.

24 Mar 2018

Tu viens ?

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Tu viens? Si tu veux prendre ma main, on partira toi et moi, marcher par delà les horizons et arpenter de nouveaux rivages, pour caresser les cieux et croquer les nuages. Pas à pas, peu à peu, on tâtonnera pour trouver le chemin, celui du paradis des amoureux, celui du bonheur d'être à deux. On construira ensemble nos lendemains, à coups de rires fous et de fous rires, de chagrins consolés dont on essuiera les larmes, à coups d'échanges et de partages. On attisera ce feu, celui qui brûle encore un peu au fond de nos entrailles, étouffé par les débris de nos rêves brisés, pour en faire un brasier, un foyer chaleureux. Je réinventerai les maths, en scientifique fou, et renierai les acquis et les bases pour qu'un plus un égale un, pour qu'un et un fasse nous. Alors viens mais fais vite, les années passent et filent, j'aimerais avoir la chance avant de quitter ce monde de te serrer contre moi dans un long baiser doux, et de connaître la fièvre, celle des amoureux fous.

04 Mar 2018

Je suis venu te voir

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Je suis venu te voir pour te dire quelque chose, je veux que toi et moi, on affronte le monde et qu'on oublie ensemble toutes ses atrocités.
Je t'ai apporté pour ce faire de modestes cadeaux, des choses simples mais rares, des choses dont on manque parfois plus encore que de la bouffe et d'eau.
J'ai là dans mon bagage quelques sourires timides, qui ne demandent qu'un peu de soin et d'attention pour prendre de l'assurance, grandir et dessiner sur nos visages de nouveaux paysages, creusés des rides de la joie et arrosés des alluvions du bonheur. Ils seront contagieux, maladie bienfaitrice, et se répandront vite pour devenir quotidiens, comme le jour se lève.
J'ai aussi enfermé dans ce simple sac de toile des rires de tout genre, des rires fous et des fous rires, des rires qui saoulent et qui enivrent, des rires doux qui nous chavirent, des rires en éclats et en cascade... des rires qui n'attendent que toi pour devenir partage.
J'ai pensé aussi à mettre de l'amour, oui, ça, j'en ai beaucoup, assez pour t'aimer toi, tes qualités et tes défauts (si si) pendant des siècles et des milliers d'années, sans doute même assez pour une éternité.
Il prend beaucoup de place, j'ai eu du mal à le caser, j'ai le coeur gros et une immense cage thoracique, mais si je ne peux l'exprimer et le partager, tout ça finira par exploser.
J'ai jamais su comment le dire, jamais trop su l'utiliser, j' en ai perdu il y a bien longtemps le mode d'emploi et l'usage. Mais je sais que tu pourras m'aider, à le comprendre et à l'apprivoiser, car il me semble me souvenir qu'il faut être deux pour pouvoir en user.
Et pour finir, pour porter tout cela, je me suis amené, moi. Je sais, j'aurais pu trouver mieux, j'aurais pu t'offrir des bagues et des pendentifs, je t'offre seulement une personne attentive.
OK, je rentre pas dans une boîte à bijoux, et je fais plus de bruit qu'une boîte à musique, je ne pendrai pas à ton cou, et ma tocante interne jouera toujours les "je t'aime" en boum boum boum majeurs.
Mais quand je pense à toi, et quand je te regarde, je garde dans les yeux l'éclat d'un solitaire qui rêve d'être double, dont la valeur réside, non dans sa rareté, mais dans l'image qu'il reflète.
Allez viens... on s'aime?

01 Mar 2018

Un jour, je serai petit

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Un jour, je serai petit.
J'irai marcher sur les nuages pour enfin comprendre pourquoi les étoiles ne sortent que la nuit.
Je demanderai à la lune de ne jamais s'éteindre, pour avoir toujours une veilleuse pendant mon sommeil.
Tu pourras venir avec moi, si tu veux, je te prendrai par la main.
On traversera le monde à travers champs, on empruntera les plus jolis chemins.
On évitera juste ces chemins qui mènent à l'homme, pour ne jamais grandir, et ne pas laisser place aux colères et aux peines.
Toi et moi, on fabriquera des albums, faits de nos joies et de nos rires. On y mettra tous ces bons moments passés ensemble, et le chagrin n'y aura jamais sa place.
Si t'es d'accord, on sautera dans les flaques, on se fera musiciens spécialistes des flics et des flocs.
Moi, avec ta main dans la mienne, je deviendrai le plus fort, je chasserai tous les monstres et soufflerai sur les nuages pour qu'au dessus de nous, il fasse toujours beau.
Tu seras ma chérie, tu seras mon envie, j'irai pour te plaire jusqu'à partager mes bombecs.
Nous on pourra s'aimer grand comme l'espace de nos bras écartés, et même plus grand encore.
J'ai hâte maintenant, d'être à nouveau petit, pour vite te retrouver quand tu seras petite.
À ton avis, encore combien de dodos?

28 Feb 2018

Départ

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Je suis sur le départ, j'ai fait mon baluchon, un vieux sac empli de souvenirs importants.
Le sac n'est pas bien grand, mais ma vie y tient en intégralité.
Elle se résume à peu de choses, bien qu'elle soit lourde à porter.
J'y ai mis en premier un joli chausson rouge, pour un tout petit pied, non pas pour le chausser, bien sûr, mais parcourir avec lui les années d'un passé où sa couleur était encore vive.
Il me suffit de le tenir dans ma paume pour voir surgir en hologrammes un vieux film tant aimé. Je peux le voir alors, lui, courir dans l'herbe humide et la boue de surface née d'une averse d'été, entendre ses jolis rires répondre à mes cris tendrement et faussement fâchés.
Chercher à le poursuivre et à le rattraper est bien sûr inutile et vain. Je le sais pour avoir essayé autant de fois que le ciel compte d'étoile, je crois. Le passé ne peut reprendre pied dans le présent, c'est une loi immuable que j'ai pourtant voulu contrarier. Je me suis cru assez fort pour tordre l'espace temps, pour modifier par ma seule volonté le cours des choses, celles que je n'aimais pas. Mais je ne le suis pas.
J'ai pris soin d'enfourner aussi dans ce vieux sac de toile un foulard de soie bleue, dont les parfums disparus renaissent lorsque je le touche. Je peux alors sentir les fragrances d'amande et de fleur d'oranger, celles qu'elle exhalait, elle, par sa seule présence. J'ai encore sur les lèvres le goût et la chaleur de ses baisers passionnés, aussi doux que le miel, aussi chauds que l'éruption du Vésuve.
Je la revois danser et tournoyer, heureuse et souriante, elle qui était ma fée bleue, qui m'a offert la vie quand moi je n'étais qu'un pantin. Sa beauté et sa force me paraissent immortelles, elle ne reviendra pas, mais elle est toujours là, enfermée dans mon sac, captive de ma mémoire.
Par dessus ces deux pièces magistrales d'un puzzle désassemblé à jamais, j'ai rajouté un âne, fait de douce peluche. Souvenir plus récent, mais aussi important, il évoque pour moi la fin d'un cauchemar et le début d'un rêve.
Baluchon sur le dos, fort de ce que ma mémoire peut comporter de beau et de réconfortant, je pars et prends la route, en recherche, peut-être, de nouvelles pièces pour combler les espaces vides que contient mon vieux sac.
Je le veux aussi lourd que possible, bourré à en craquer les coutures de souvenirs agréables et à ne plus pouvoir le soulever.
Lorsque, arrivé au bout du chemin, je ne pourrai plus rien porter, je l'ouvrirai pour m'y plonger en entier et réunir enfin par delà les époques les personnes qu'il renferme. Et je compléterai ce puzzle entamé au début de ma vie, et je les rejoindrai au rang de simple souvenir.

26 Feb 2018

Je veux

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Je veux marcher sur la banquise sans redouter le froid, arpenter le désert sans avoir peur de cuire.
Je veux dîner à l'internationale, manger mon entrée au bord de l'atlantique, le plat de résistance en méditerranée et le dessert en plein milieu du pacifique.
Je veux connaître du monde tous les moindres recoins, tous ceux où peuvent se loger les sourires d'enfants de toutes origines.
Je veux respirer l'air pur des plus hauts sommets pour aller le souffler sur les villes les plus polluées.
Je veux inverser les pôles, vivre la tête à l'envers pour voir le monde enfin marcher sur ses pieds et non plus sur la tête.
Je veux chasser les arcs en ciel en chevauchant les nuages, je veux toucher du doigt ce qui est intouchable et voir de mes yeux incrédules ce qui est invisible.
Je veux serrer tout contre moi un enfant, adopter son bonheur, lui montrer ce que je vois et voir la vie avec ses yeux.
Je veux tout ça, mais tout ça ne sera rien si toi tu n'es pas là.
Oui, c'est avec toi que je voudrais vivre tout ça.
Mais est-ce que tu le veux ?

21 Feb 2018

Auteur

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Cette nuit, j'ai rêvé que j'étais écrivain. J'te jure. Qu'est-ce que c'est con, les rêves, quand même.
Dans ce rêve, j'écrivais tout le temps. Dès que j'avais une idée, je chopais un calepin et je prenais des notes. Et dès que j'en avais l'occasion, je me posais devant un ordinateur et je développais les idées notées.
Faut pas être un peu con, pour faire ce genre de truc, sans déc?
Tu sais, genre, oh, moi, j'ai de trop bonnes idées, faut surtout pas qu'elles se perdent, je dois les partager avec le monde.
Connard nombriliste, ouais.
Ouais, les auteurs, c'est de la merde.
Moi, si j'étais auteur, putain mais j'aurais honte de sortir de chez moi.
Ben eux non !!! Ils vont dans des salons faits exprès pour présenter la merde qui était dans leur tête et qu'ils ont eu l'idée de coucher sur le papier.
Mais pourquoi ça fait ça, un auteur? T'as déjà entendu un môme à qui on demandait ce qu'il voudrait faire plus tard répondre "moi, quand je serai grand, je ferai l'auteur"? Mais bien sûr que non, c'est quand même pas encore assez con pour ça, l'enfant.
L'auteur, ça écrit des trucs en solo, à l'abri des regards, et ensuite, d'un coup d'un seul, ça veut montrer le résultat au monde entier. C'est pas un peu déséquilibré, l'auteur? C'est pas un peu taré?
C'est même prêt à chialer, à ouvrir le gaz et à se pendre dans le four (ouais, c'est tout minus, l'auteur, ça se faufile partout, même dans vos têtes... et j'en vois certains parmi vous, là, y a quand même pas une place de dingue, là-haut) si ça estime que pas assez de monde s'intéresse à ses écrits. Mais ça a quel âge mental, l'auteur?
L'auteur, ça pense que ce que ça écrit, ça va intéresser des gens. Plein. Non mais sans déc???
C'est méprisable, un auteur, j'ai horreur de ça, ça me fait gerber.
C'est comme si toi t'écrivais ta liste de courses, et que tu te disais "hé, mais c'est absolument génial ce que je viens d'écrire, j'ai trop aimé quand j'ai écrit courgettes à la suite de pomme de terre... pomme de terre, c'est pas de la poésie, ça, peut-être? Hein? J'ai rempli mon panier d'aubergines et de topinambours... oh sa mère, c'est trop beau, le monde ne peut pas rester dans l'ignorance de mon talent de malade, je vais écrire un livre"
Je te dis, ça vaut rien, un auteur.
En plus, ça vit en décalage avec le reste du monde, ça écrit souvent la nuit, tu vois le truc chelou, un peu? C'est vraiment pas fréquentable l'auteur. Puis attends, c'est super faignasse, l'auteur. ça croit vraiment que tenir un stylo ou taper sur un clavier c'est un métier... oh l'autre, hé, t'as qu'à faire un bac pro secrétariat, ça c'est un métier.
Et puis, soyons honnêtes, ça sert à quoi, l'auteur? à rrrrrrrien !
Ou alors, peut-être, quand vraiment on s'emmerde, ça peut être divertissant de lire ses conneries, à l'auteur, histoire de lui faire un peu plaisir, à cet enflé de la caboche.
Mais vraiment pas plus que ça.

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